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A la suite d’un accident de la route ou d’une agression, le premier réflexe est de légitimement se concentrer sur les conséquences physiques et médicales.

Or, les préjudices matériels, par opposition aux préjudices corporels, peuvent également faire l’objet d’une indemnisation. Leur identification et leur indemnisation obéissent à des règles précises.

Définition du préjudice matériel

Le préjudice matériel s’entend des dommages aux biens ou aux dépenses réalisées du fait de l’accident de la route ou de l’agression. Cela concerne, par exemple, les frais de réparation du véhicule endommagé, les équipements, frais de remorquage, le préjudice vestimentaire etc.

A l’inverse, les frais relatifs aux conséquences de l’accident de la route ou de l’agression : frais médicaux, frais de déplacements etc., sont compris dans les préjudices « corporels ». Dans le cadre des accidents de la circulation, les préjudices corporels relèvent du régime d’indemnisation de la loi Badinter du 5 juillet 1985, qui prévoit des conditions plus souples pour les victimes le plus vulnérables (piétons, cyclistes, passagers).

Les préjudices matériels, quant à eux, relèvent du champ d’indemnisation de la responsabilité civile ordinaire, et ne seront indemnisés que si la victime n’est pas responsable de son accident de la route.

Les préjudices matériels en cas d’accident de la circulation

La loi Badinter opère donc une distinction fondamentale entre les préjudices corporels, qui font l’objet d’un régime extrêmement protecteur, et les préjudices matériels, dont l’indemnisation dépend exclusivement de la responsabilité dans la survenance de l’accident de la route.

Il s’agit d’une nuance essentielle : la protection accordée par la loi Badinter aux victimes dites « non conductrices » (piétons, cyclistes, passagers) ne s’étend pas automatiquement à leurs biens.

Les dommages aux biens

Le préjudice matériel le plus fréquent est celui lié au véhicule. La victime non responsable peut obtenir la prise en charge des réparations lorsque celles-ci sont économiquement réalisables.

Si le véhicule est détruit ou considéré comme une épave, l’indemnisation porte sur sa valeur vénale ou sur sa valeur de remplacement déterminée par expert. L’expertise du véhicule est organisée par la compagnie d’assurances. Il est également possible d’obtenir une indemnisation au titre de la perte de valeur marchande lorsque, malgré les réparations, le véhicule perd une partie de sa valeur.

La privation temporaire du véhicule constitue un autre poste indemnisable. La jurisprudence admet depuis longtemps que la « perte d’usage » ouvre droit à indemnisation, même si la victime n’a pas loué de voiture de remplacement. Il s’agit d’un préjudice autonome, fondé sur la gêne réelle subie.

Les dommages causés aux autres biens (téléphone, vêtements, lunettes, matériel professionnel transporté) sont également indemnisables dès lors qu’ils sont justifiés et directement liés à l’accident de la route.

Règle essentielle : seule la responsabilité détermine l’indemnisation du préjudice matériel

Lorsqu’une victime, qu’il s’agisse d’un cycliste, d’un piéton ou d’un passager, est considérée comme responsable de l’accident de la route qui s’est produit, elle ne sera pas indemnisée de ses préjudices matériels.

Comme évoqué précédemment, cela ne concerne pas les préjudices corporels.

Cette distinction est parfaitement illustrée par deux situations fréquentes.

Dans un premier cas, un cycliste refuse une priorité et percute un véhicule circulant normalement. Le cycliste sera indemnisé de ses dommages corporels parce qu’il est une victime protégée au sens de l’article 3 de la loi Badinter, mais il ne sera pas indemnisé de ses dommages matériels, puisqu’il est responsable de l’accident. Il devra même indemniser le propriétaire du véhicule qu’il a heurté des dégâts occasionnés à son véhicule. Le plus souvent, c’est l’assurance responsabilité civile du cycliste qui interviendra.

Dans un second cas, un piéton traverse la chaussée, et un véhicule, roulant à vive allure, le percute. Dans cette hypothèse, le conducteur est déclaré responsable. Le piéton sera donc indemnisé non seulement de ses préjudices corporels, mais également de ses préjudices matériels.

S’agissant des victimes conductrices, elles ne pourront être indemnisées que dès lors qu’elles ne sont pas responsables de l’accident. Si leur responsabilité est retenue, la loi ne leur accorde aucun droit à indemnisation. Toutefois, selon les garanties souscrites dans leur contrat d’assurance, elles peuvent bénéficier d’une prise en charge, souvent partielle et plafonnée.

Il est alors essentiel d’avoir recours à l’assistance d’un avocat spécialiste en droit du dommage corporel, qui analysera les circonstances de votre accident de la route et les preuves du dossier pénal pour s’assurer de la juste reconnaissance de votre droit à indemnisation.

Les préjudices matériels en cas d’agression

En dehors du champ des accidents de la circulation, l’indemnisation du préjudice matériel obéit au régime classique de la responsabilité civile. La victime peut obtenir la réparation des dommages causés à ses biens : vêtements arrachés, téléphone brisé, lunettes détruites, porte fracturée, fenêtre cassée.

S’y ajoutent les frais consécutifs à l’agression : changement de serrures, remplacement de documents, frais bancaires, déplacements nécessaires pour les démarches administratives. Là encore, la justification du lien entre le dommage et l’agression est essentielle.

Lorsque l’auteur est insolvable ou inconnu, la victime peut saisir la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI). Le Fonds de garantie des victimes (FGTI) prend alors le relais, sous certaines conditions de gravité des faits, pour assurer une indemnisation effective.

La preuve du préjudice matériel

Pour obtenir l’indemnisation de ses pertes matérielles, la victime doit prouver la réalité et le montant de son préjudice. Cette preuve repose principalement sur les factures, devis, justificatifs bancaires, rapports d’expertise, photographies, constats, procès-verbaux ou attestations. L’enjeu est d’éviter que certains postes de préjudice ne soient oubliés ou sous-estimés, ce qui arrive fréquemment lorsque la victime est seule face aux compagnies d’assurance.

Le cabinet Coppet Avocats, exclusivement dédié à la réparation du dommage corporel, accorde une attention particulière à ce que tous les postes de préjudices d’une victime d’accident de la route, d’agression, soient reconnus. L’expertise et l’expérience de l’équipe Coppet Avocats, permettent une évaluation fine et globale des préjudices subis. Les préjudices matériels, souvent négligés ou mal évalués, font partie de cette analyse pointue en faveur d’une juste indemnisation. Votre avocat spécialiste en droit du dommage corporel dédié se chargera d’analyser précisément les circonstances de votre accident ou de votre agression afin de déterminer la responsabilité et d’identifier tous les postes de préjudices indemnisables.

Il conviendra ensuite de réunir l’ensemble des justificatifs nécessaires et constituer un dossier complet permettant de chiffrer les pertes matérielles dans leur totalité.

L’indemnisation des préjudices matériels obéit à des règles spécifiques, en particulier lorsque l’accident de la route relève de la loi Badinter. Comprendre la distinction entre faute et responsabilité, savoir rassembler les preuves utiles, déterminer les postes indemnisables : autant d’étapes déterminantes pour obtenir une réparation intégrale.

Coppet Avocats accompagne les victimes d’évènements traumatiques à chaque étape de leur parcours et de leur procédure d’indemnisation, avec la rigueur technique et la disponibilité humaine que leur situation exige.

 

En résumé :

  • Les préjudices matériels, tels que les dommages aux biens et les frais engagés suite à un accident de la route ou une agression, peuvent être indemnisés sous certaines conditions précises.
  • La loi Badinter distingue clairement les préjudices corporels et préjudices matériels.
  • Les victimes non responsables peuvent obtenir une indemnisation pour les réparations de leur véhicule, la perte d’usage, et les dommages à d’autres biens, tandis que les victimes responsables ne peuvent pas prétendre à cette indemnisation.
  • En cas d’agression, les victimes peuvent également demander réparation pour les dommages matériels et les frais consécutifs, en prouvant le lien entre le dommage et l’agression.
  • Il est crucial de rassembler des preuves solides pour justifier les pertes matérielles, et l’assistance d’un avocat spécialiste en droit du dommage corporel est recommandée pour obtenir une indemnisation à la hauteur du préjudice subi.

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