Lorsque tout va bien, on vit sans se soucier de notre vulnérabilité. Or, quand un événement traumatique brutal nous frappe de plein fouet, une profonde atteinte psychologique s’ensuit. Ce phénomène, véritable effraction dans le psychisme, s’appelle le Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT).
Qu’est-ce qu’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ?
Ce trouble anxieux particulièrement intrusif et violent se déclare à la suite d’un événement traumatique comme une agression ou un accident de la route.
Il peut également concerner les victimes indirectes qui perdent un proche dans un accident de la circulation et/ou qui deviennent à la suite d’un drame, aidants.
Il est tout d’abord impulsé par une sensation de peur intense, mêlée à un sentiment d’impuissance ou d’horreur. Quand le choc vient à passer, la victime développe, dans un laps de temps variable, une cohorte de symptômes et de comportements spécifiques révélateurs d’un syndrome de stress post-traumatique.
Quels sont les symptômes liés à un syndrome de stress post-traumatique ?
- La reviviscence des événements traumatiques : un syndrome de répétition qui s’accompagne d’hyperactivité, d’angoisse et de détresse.
- La survenue de « flash-back » entraîne les victimes dans une souffrance quotidienne.
- Les troubles du sommeil.
- Les troubles de la concentration et de l’attention : les victimes ressentent une invasion pathologique qui ne laisse plus de place aux autres préoccupations.
- Hyperactivité et hypervigilance : les victimes sont sur leurs gardes, car les perceptions sont amplifiées. Le SSPT engendre une perte des capacités mentales et corporelles de filtrage.
- Les conduites d’évitement : pour éviter de provoquer une situation similaire au choc initial, les victimes instaurent un système de protection. Si certaines se noient sous le travail professionnel pour éviter de se laisser envahir par les reviviscences, d’autres décident de ne plus sortir de chez elles, ou cessent de conduire par exemple.
- Céphalées et asthénies : des troubles somatoformes fréquents.
- Troubles du système neurovégétatif : douleurs abdominales, tachycardies, dérèglement du rythme respiratoire, etc.
- Anxiété et dépression constantes, mais variables en intensité et en forme : une situation qui peut conduire la victime à faire usage de psychotropes et de palliatifs thérapeutiques illusoires et dangereux.
Toutes les victimes sont-elles concernées par le syndrome de stress post-traumatique ?
Un être humain est avant tout un corps et un esprit ; toute atteinte significative à l’intégrité physique peut déclencher un SSPT.
Si le niveau du seuil de déclenchement est très variable en fonction de l’évènement vécu et de la résistance des individus, on sait que le SSPT touche près de 33 % des accidentés de la route à un mois, 20 % à six mois, et 16 % à 18 % à un an.
Selon une étude publiée le 23 juillet 2014 par l’équipe du Professeur Lagarde (INSERM), un traumatisme crânien léger augmente par 4,5 le risque de développer le syndrome. Par ailleurs et d’un point de vue statistique, les femmes seraient deux fois plus sujettes au développement d’un SSPT.
Quelle est la durée d’un stress post-traumatique ?
La durée d’un stress post-traumatique diffère d’une victime à une autre ;
- la nature de l’événement,
- l’intensité du choc émotionnel,
- la résistance et le degré de résilience sont autant de paramètres déterminants dans l’évaluation et la prise en charge de la victime.
Victime d’un accident, d’une agression, comment faire reconnaitre votre syndrome de stress post-traumatique ?
Il est rare que cette pathologie liée au stress soit mentionnée sur votre certificat médical initial, souvent rédigé à l’hôpital ou vous avez été pris en charge.
En cas d’hospitalisation longue, vous ou vos proches peuvent échanger avec les médecins qui vous suivent pour faire notifier vos symptômes de stress post-traumatique dans votre dossier médical. L’avis du médecin généraliste peut aussi être pris en compte.
Souvent considérés comme « subjectifs », les symptômes du SSPT doivent faire l’objet d’autant d’examens et de mesures d’accompagnements médicaux et psychologiques qu’il en faudra pour démontrer la réalité de leur existence. Un dossier médical étayé permettra à l’expert d’identifier et reconnaître la pathologie.
Entourez-vous le plus rapidement possible d’un avocat spécialisé en réparation du dommage corporel ; lui seul pourra vous accompagner pour faire respecter vos droits de victime d’évènement traumatique, et obtenir la prise en charge de l’ensemble de vos séquelles liés à votre accident ou agression.
Comment le stress post-traumatique est-il pris en charge et indemnisé ?
Le syndrome de stress post-traumatique est un poste de préjudice très souvent négligé par les parties prenantes de l’évaluation et de l’indemnisation des préjudices. Les victimes elles-mêmes ont parfois du mal à définir ce mal-être extrême comme un syndrome. Si évaluation de ce syndrome post traumatique peut-être complexe, en matière de droit, le principe de la réparation intégrale du préjudice prévaut, et les conséquences psychologiques du traumatisme font également l’objet d’une indemnisation (Nomenclature DINTHILAC).
La prise en charge et l’indemnisation du syndrome de stress post-traumatique sont pourtant indispensables dans le cadre de la réparation du dommage corporel d’une victime et sa reconstruction.
Par-ailleurs, certains médecins experts désignés par les assurances et les tribunaux n’ont pas toujours pleine connaissance de ce préjudice.
Seule une expertise médicale peut évaluer cette réparation : il est donc vital de préparer cette étape clé avec un avocat spécialiste en droit du dommage corporel et un médecin-conseil qui suivra l’intégralité de votre parcours médico-légal. Il est fortement déconseillé de se rendre à une expertise médicale, seul. Il est impératif de lister et de détailler toutes les conséquences de vos dommages corporels et leurs conséquences sur votre vie, pour vous assurer de la prise en charge et de l’indemnisation de tous vos préjudices.
S’il existe un barème indicatif d’évaluation des taux d’incapacité en droit commun, l’expert qui évaluera votre situation, demeure libre d’apprécier un taux incapacité permanente partielle (IPP) supérieur à condition d’en justifier sa nécessité. Être accompagné par un avocat spécialiste en droit du dommage corporel et un médecin conseil, fera toute la différence.
En résumé :
- Le Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT) est un trouble anxieux qui se manifeste après un événement traumatique, affectant aussi bien les victimes directes qu’indirectes.
- Les symptômes incluent la reviviscence des événements, des troubles du sommeil, de la concentration, ainsi que des conduites d’évitement et des douleurs somatoformes.
- Environ 33% des victimes de la route développent un SSPT dans le mois suivant l’évènement, avec un risque accru pour les femmes et après un traumatisme crânien léger.
- La reconnaissance et l’indemnisation du SSPT nécessitent un dossier médical solide et l’accompagnement d’un avocat spécialiste endroit du dommage corporel pour faire valoir les droits des victimes.
- La prise en charge du SSPT est essentielle pour la reconstruction des victimes, mais souvent négligée dans les évaluations d’indemnisation.




