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Après un accident, le certificat médical initial (CMI) est l’une des pièces les plus utiles de votre dossier : rédigé par un médecin, il fait état de vos blessures peu de temps après l’évènement traumatique et prouve le lien de causalité entre ce dernier et votre état de santé. Il reste toutefois une preuve parmi d’autres : en son absence, d’autres documents médicaux peuvent prendre le relais.

Qu’est-ce qu’un certificat médical initial et quel est son rôle ?

Le certificat médical initial fait partie des premiers documents médicaux établis à la suite d’un accident ou d’une agression. Il décrit l’ensemble des blessures et des troubles constatés par le médecin lors de la consultation, ainsi que leur lien avec l’événement. C’est en quelque sorte la « photographie » de votre état de santé juste après l’accident.

Son rôle est important dans le processus d’indemnisation. Pour être indemnisée, une victime doit démontrer trois choses :

– la réalité de l’accident ou de l’évènement traumatique,

– la réalité de ses blessures,

– et le lien de causalité entre les deux.

Le certificat médical initial est l’un des documents qui établit ce lien, au plus près de l’événement traumatique.

Plus tard, lors de l’expertise médicale, le médecin expert s’appuiera sur ce certificat, mais aussi, et c’est essentiel, sur l’ensemble de votre dossier médical.

CMI : seule preuve de votre état de santé ?

L’expertise et l’indemnisation ne reposent jamais sur le seul certificat médical initial. Elles s’appuient sur un faisceau d’éléments médicaux : compte rendu de passage aux urgences, compte rendu d’hospitalisation, comptes rendus opératoires, ordonnances, bilans d’imagerie, comptes rendus de suivi et de rééducation, attestations de votre médecin traitant, …

Ainsi, même en l’absence de certificat médical initial, tout n’est pas perdu : un compte rendu des urgences ou d’hospitalisation peut jouer le même rôle de constat de votre état de santé juste après l’accident. Le CMI demeure néanmoins la pièce la plus directe pour cela ; à défaut, l’essentiel est de disposer de traces médicales fiables, datées et cohérentes.

À retenir

Le certificat médical initial est une pièce précieuse : il donne le point de départ de votre dossier et gagne à être le plus complet et le plus précis possible. Il s’inscrit toutefois dans un ensemble : ce qui n’y figure pas pourra être démontré par les autres pièces médicales (urgences, hospitalisation, suivi). C’est finalement l’ensemble de votre dossier médical qui reflète fidèlement vos blessures.

Faut-il un formulaire particulier pour le certificat médical initial ?

Pour un accident de la route (AVP), un accident de la vie, une agression ou un accident médical, le certificat médical initial est en principe rédigé sur papier libre par le médecin des urgences ou votre médecin traitant. Il sert de base à l’ouverture du dossier d’indemnisation. Dans tous les cas, la logique reste la même : décrire les blessures au plus près de votre accident de la route ou de votre agression.

Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, un CMI sur papier libre peut également être rédigé lors de la prise en charge médicale, mais un formulaire doit être complété par un médecin, le CERFA S6909 (N°50513#05), transmis à la CPAM. C’est ce document qui déclenche la prise en charge et, le cas échéant, l’arrêt de travail. Les délais sont courts : vous devez informer votre employeur dans les 24 heures, et celui-ci dispose de 48 heures pour déclarer l’accident à la CPAM.

Qui établit le CMI, quand et comment l’obtenir ?

Le certificat médical initial est rédigé exclusivement par un médecin : médecin des urgences, médecin traitant ou tout praticien vous ayant examiné après l’accident. La victime ne peut jamais le remplir elle-même. Pensez par ailleurs à le demander : il n’est pas toujours remis spontanément, et aucun document particulier n’est nécessaire pour l’obtenir.

Mieux vaut le faire établir le plus tôt possible, idéalement le jour même de l’accident : plus la constatation médicale est précoce, plus le lien de causalité entre l’évènement et vos lésions est simple à établir. Pour un certificat sur papier libre, il n’existe toutefois pas de délai légal strict, et une demande plus tardive reste possible. Seuls les accidents du travail et les maladies professionnelles obéissent à des délais encadrés, liés au CERFA S6909 (voir plus haut).

Et si vous avez été pris en charge sans qu’un CMI à proprement parler soit rédigé, les autres pièces de votre dossier médical permettent généralement d’établir ce même lien : un compte rendu des urgences, d’hospitalisation ou de suivi peut y suppléer. Pour récupérer ces documents auprès des établissements de soins, votre avocat peut se charger des démarches.

CMI : signaler tous vos symptômes au médecin

Au moment de la consultation, le point le plus important est de décrire au médecin l’ensemble des symptômes ressentis en lien avec l’accident, même ceux qui vous semblent secondaires : maux de tête, vertiges, troubles du sommeil, angoisses, douleurs diffuses. Ce sont souvent ces troubles « invisibles » qui sont oubliés sur le moment et qui posent problème plus tard, faute d’avoir été consignés par écrit dès le départ.

Et si la victime n’est pas en état de signaler ses symptômes ?

Lorsque la victime n’est pas en mesure de s’exprimer — inconsciente, hospitalisée ou en état de choc —, ses proches jouent un rôle précieux. Un proche peut demander le certificat à sa place, rapporter les circonstances de l’accident, signaler les douleurs et les troubles observés, et veiller à ce que rien ne soit omis. Pensez également à conserver tout ce qui a été transmis par les secours (pompiers, SAMU), qui documente l’état de la victime sur les lieux.

Que contient un certificat médical initial ?

Un CMI complet mentionne en principe :

 

  • L’identité de la victime et celle du médecin (avec cachet et signature) ;
  • La date et l’heure de la consultation ;
  • Les circonstances de l’accident, telles que rapportées par la victime ou, si elle n’est pas en état de le faire, par les secours (pompiers, SAMU) ;
  • La description détaillée de chaque lésion : siège, nature, gravité ;
  • Les examens réalisés (radiographies, scanner, IRM…) ;
  • Les soins prodigués et le traitement prescrit ;
  • La durée prévisible d’Incapacité Totale de Travail (ITT) ou d’arrêt de travail ;
  • Les troubles fonctionnels et psychologiques constatés.

Certificat médical initial : un exemple

Voici un modèle simplifié pour illustrer la forme que peut prendre un CMI sur papier libre, par exemple après un accident de la route :

Modèle indicatif de certificat médical initial

Je soussigné(e), Docteur [Nom], certifie avoir examiné ce jour, le [date], à [heure], Madame/Monsieur [Nom, prénom], né(e) le [date].

« … qui déclare avoir été victime d’un accident de la circulation survenu le [date]. À l’examen, je constate : contusion de l’épaule droite, plaie du cuir chevelu de 4 cm suturée, cervicalgies post-traumatiques, ainsi que des céphalées, des vertiges et un état de stress important rapportés par le patient. Examens réalisés : radiographies du rachis cervical et scanner cérébral. Soins : sutures, antalgiques, immobilisation. Durée prévisible d’incapacité : [X] jours. Certificat établi à la demande de l’intéressé(e) et remis en main propre pour faire valoir ce que de droit. » — [Cachet, signature].

Pour un accident du travail, l’équivalent est le CERFA S6909 (N°50513#05), à faire compléter par le médecin, qui en adresse les volets à la CPAM tandis que vous conservez votre exemplaire.

    CMI incomplet : quelles conséquences ?

    Un certificat médical initial incomplet, et non complété par d’autres pièces médicales, peut compliquer la reconnaissance du lien de causalité entre l’accident (ou tout autre évènement traumatique) et vos préjudices. Le médecin expert se fonde en effet d’abord sur les documents médicaux : un trouble qui n’apparaît nulle part dans votre dossier sera plus difficile à rattacher à votre accident. Un CMI lacunaire peut certes être complété par d’autres pièces (compte rendu d’hospitalisation, comptes rendus de suivi, certificats ultérieurs) ; tout l’intérêt du CMI est cependant de consigner d’emblée, dans un seul document, l’ensemble des lésions, symptômes et troubles ressentis.

    Or, dans l’urgence des soins, certains troubles sont très fréquemment oubliés ou minimisés :

    • Le traumatisme crânien : après un choc à la tête, des troubles peuvent apparaître ou s’aggraver dans les jours suivants (maux de tête persistants, vertiges, troubles de la mémoire ou de la concentration, fatigue inhabituelle). S’ils ne sont pas indiqués, leur lien avec l’accident sera difficile à prouver.
    • Le stress post-traumatique : angoisses, cauchemars, troubles du sommeil, peur de reprendre le volant… Ce préjudice psychologique, pourtant bien réel, est très souvent absent du certificat médical initial.
    • La minimisation de la douleur : dans l’instant, sous l’effet du choc ou des médicaments, on tend à minimiser ses douleurs. Les vertiges, maux de tête et douleurs diffuses sont alors sous-évalués.
    • Une fracture ou une lésion passée inaperçue : dans l’urgence, une fracture (côte, poignet, os du pied) ou une entorse grave n’est pas toujours diagnostiquée d’emblée et n’est confirmée que par un examen ultérieur. Si elle ne figure pas au dossier initial, son rattachement à l’accident demande davantage de justificatifs.

    Puis-je contester un certificat médical initial ?

    Si un certificat médical initial est incomplet ou inexact, vous pouvez consulter un médecin pour obtenir un certificat complémentaire ou rectificatif, daté du jour de la nouvelle consultation. Comme évoqué précédemment, un CMI peut être complété par d’autres pièces de votre dossier médical : compte rendu des urgences, compte rendu d’hospitalisation, comptes rendus de suivi ou de rééducation. Le médecin expert apprécie votre situation au regard de l’ensemble de ces documents, et non de votre seul certificat médical initial.

    De son côté, l’assureur peut lui aussi discuter votre CMI, en mettant en cause le lien entre vos blessures et l’accident, ou en sous-estimant leur gravité. C’est lors de l’expertise médico-légale que cette discussion se tiendra, à la lumière de l’ensemble de votre dossier médical. Vous y présenter seul, face au médecin mandaté par l’assurance, vous place en position de faiblesse.

    Il est essentiel d’être accompagné par un avocat spécialiste en droit du dommage corporel ainsi qu’un médecin conseil de victime lors de cette expertise médico-légale, afin de faire valoir vos droits et d’obtenir la plus juste évaluation de vos préjudices.

      FAQ / Vos questions sur le certificat médical initial

      Que faire si je n’ai pas demandé de certificat médical le jour de l’accident ?

      Son absence n’est pas bloquante : les autres éléments de votre dossier médical permettent eux aussi de mettre en lumière les lésions subies à la suite d’un évènement traumatique. Votre prise en charge a d’ailleurs souvent déjà laissé des traces médicales : un compte rendu de passage aux urgences ou d’hospitalisation peut jouer le même rôle de constat de votre état après l’accident. L’idéal reste toutefois de faire établir ce certificat dès que possible. Conservez aussi toutes les preuves de votre accident (constat, dépôt de plainte, témoignages, intervention des secours). Coppet Avocats saura reconstituer ce lien à partir de l’ensemble de votre dossier médical et consolider votre prise en charge.

      Certificat médical initial : pourquoi est-il essentiel après un accident ?

      Parce qu’il documente, au plus près de l’accident, le lien entre l’évènement et vos blessures et qu’il sert de repère pour l’évaluation des préjudices : c’est l’une des pièces les plus utiles du dossier. Le médecin expert s’appuie sur lui, aux côtés des comptes rendus des urgences, d’hospitalisation et de suivi. Un CMI complet et précis facilite donc la reconnaissance de vos préjudices et protège vos droits.

      L’assurance peut-elle contester mon certificat médical initial ?

      Oui. L’assureur peut remettre en cause le lien de causalité ou minimiser la gravité de vos blessures, en particulier lors de l’expertise médicale. Pour y faire face, l’assistance d’un avocat spécialiste en droit du dommage corporel et d’un médecin-conseil de victime est vivement recommandée : elle vous permet de défendre vos intérêts à armes égales.

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